Մեր ՊատմությունըL’histoire arménienne en photographies
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Les Hautes Terres arméniennes aux origines

Les Hautes Terres arméniennes sont une région élevée de l’Asie occidentale, située entre la mer Noire, la Caspienne et la Méditerranée. L’Euphrate, le Tigre, l’Araxe et la Koura y prennent leur source, et les montagnes volcaniques sont riches en obsidienne, dont on a tiré des outils tranchants pendant des millénaires. Des hommes vivaient sur ces terres dès le Paléolithique, il y a des centaines de milliers d’années, comme le montrent les outils de pierre trouvés dans la gorge de la Hrazdan et ailleurs. Au VIe millénaire av. J.-C., la plaine de l’Ararat comptait déjà des villages agricoles permanents, comme Aknachen et Aratachen. Leurs habitants cultivaient le blé et l’orge, élevaient moutons, chèvres et bovins, et vivaient dans des maisons rondes en brique crue.

L’un des sites les plus connus du Chalcolithique, l’âge du cuivre et de la pierre, est la grotte d’Aréni-1, dans le Vayots Dzor. Les fouilles menées depuis 2007 y ont mis au jour une chaussure de cuir vieille d’environ 5 500 ans, l’une des plus anciennes chaussures de cuir complètes connues au monde. La même grotte a livré une aire de foulage du raisin, des jarres de fermentation, des pépins et des grappes séchées datés d’environ 4000 av. J.-C. On les considère comme l’un des plus anciens témoignages connus de la vinification. La grotte servait aussi de lieu de sépulture et de culte. Grâce à son climat sec et stable, des céréales, des objets tressés, des tissus et d’autres matières qui se conservent rarement y sont parvenus jusqu’à nous et aident à imaginer la vie quotidienne de l’époque.

Du milieu du IVe au milieu du IIIe millénaire av. J.-C., une culture du Bronze ancien, que les chercheurs appellent culture Koura-Araxe, s’étendit sur les Hautes Terres arméniennes et le Caucase du Sud. L’un de ses sites les mieux étudiés est Chenguavit, sur le territoire de l’actuelle Erevan, au bord de la Hrazdan. On y a fouillé des maisons de plan circulaire, les restes d’un rempart, des greniers à grain, des foyers et une céramique lustrée noire et grise. Des établissements semblables existaient à Metsamor et en bien d’autres lieux des Hautes Terres. Le cuivre et ses alliages étaient déjà largement travaillés, et les porteurs de la culture Koura-Araxe se répandirent jusqu’à l’ouest de l’Iran et à la Méditerranée orientale.

À la fin du IIIe millénaire et au IIe millénaire av. J.-C., la société devint plus hiérarchisée. On vit apparaître de grands tumulus, où les chefs étaient enterrés avec des objets d’or et d’argent, des armes et parfois des chariots. Tel est le tombeau de Karachamb, connu pour son gobelet d’argent repoussé et ses bijoux d’or datés d’environ 2200–2000 av. J.-C. Lorsque le niveau du lac Sevan baissa au milieu du XXe siècle, des tombes du IIe millénaire av. J.-C. furent dégagées à Lchachen ; des chariots de bois et des chars à deux roues s’y étaient conservés. Ils montrent l’importance des véhicules à roues et du cheval à cette époque. À Metsamor, habité pendant des millénaires, on a fouillé des traces d’ateliers métallurgiques, des sanctuaires et de riches sépultures. Dans les pâturages de montagne se dressent des vichapakar, ou « pierres-dragons » : des stèles en forme de poisson ou ornées d’une peau de taureau, que la plupart des chercheurs rattachent à un culte de l’eau.

Dans le Syunik, près de Sissian, se trouve Karahoundj, appelé aussi Zorats Karer : un ensemble de plus de 200 pierres dressées, dont beaucoup sont percées d’un trou dans leur partie haute. Les pierres entourent des tombes de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer. Certains chercheurs y voient un ancien observatoire, tandis que d’autres se montrent prudents et le considèrent avant tout comme un lieu funéraire et rituel. La question reste ouverte, et la datation précise du monument est elle aussi discutée.

Les habitants des Hautes Terres ne possédaient pas encore d’écriture propre, et les premières informations écrites à leur sujet proviennent des États voisins. Les textes hittites du XIVe siècle av. J.-C. mentionnent le pays de Hayasa, ou Hayasa-Azzi, situé à l’ouest des Hautes Terres, dans la région du haut Euphrate, qui fit la guerre au royaume hittite et conclut des traités avec lui. Certains savants rapprochent le nom de Hayasa du nom que les Arméniens se donnent, « Hay », tandis que d’autres jugent ce lien non démontré. Les inscriptions assyriennes des XIIIe–XIe siècles av. J.-C. citent les noms d’Uruatri et de Naïri. Naïri était le nom collectif de nombreuses petites principautés et unions tribales établies autour du lac de Van et au nord de celui-ci. Le roi assyrien Teglath-Phalasar Ier écrit qu’il a vaincu 23 rois des pays de Naïri. C’est sur la base de ces unions que se forma, au IXe siècle av. J.-C., le royaume unifié de Van.

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